Typologies, causes et traitements1 Qu’est-ce que l’incontinence ?
D’après l'International Continence Society (ICS),
l’incontinence est « une affection qui se traduit par la perte
manifeste et involontaire d’urine et/ou de matières fécales, et qui
conduit à des problèmes sociaux et/ou hygiéniques ».
A noter : Seuls 20% des incontinents urinaires sont incontinents fécaux.
2 Les formes cliniques de l’incontinence urinaire :
- L’incontinence urinaire d’effort Elle
se caractérise par une faiblesse des muscles du périnée et du sphincter
urinaire qui maintiennent fermée la vessie et empêchent naturellement
les écoulements d’urine. Lorsque ces muscles ne peuvent plus assurer
leur fonction, une augmentation de la pression abdominale, consécutive
à des efforts soudains (toux, éternuement, éclat de rire, exercice
physique), occasionne des fuites non précédées d’un besoin d’uriner. Le
volume de ces fuites est léger. Ce type d’incontinence est le plus
fréquent chez les femmes, indépendamment de leur âge.
- L’incontinence urinaire par impériosité, ou « urgenturie » Elle
se manifeste par un besoin soudain, urgent et irrépressible d’uriner,
suivi d’une perte d’urine. La vessie se contracte trop tôt et sans
raison ; cela provoque des envies d’uriner très handicapantes qui se
manifestent n’importe quand. Ces fuites urinaires sont inondantes.
- L’incontinence urinaire mixte Elle
se présente comme l’association d’une incontinence d’effort et d’une
incontinence par urgenturie. Le volume de ces fuites urinaires varie
d’un individu à l’autre.
- L’incontinence urinaire par regorgement Elle
est due à une perturbation de la fonction d’évacuation de la vessie qui
engendre un trop plein. Le muscle vésical s’affaiblit, entraînant des
fuites permanentes d’urine par gouttes.
- L’incontinence urinaire fonctionnelle Il
s’agit de la forme d’incontinence la plus communément rencontrée, mais
la moins efficacement traitée car ses causes sont souvent mal
identifiées. Elle est due à un défaut de maîtrise de son environnement.
L’équilibre vésico-sphinctérien est correct, le bilan urodynamique est
normal… C’est la dépendance (psychique et/ou physique) de la personne
qui est responsable de mictions survenant dans des lieux inappropriés.
L’incontinence urinaire fonctionnelle est en fait liée à des
difficultés de locomotion, communication (aphasie, incapacité à sonner
pour solliciter de l’aide), manipulation (apraxie…), à des troubles
d’ordre psychique (perte de mémoire, désorientation…), à
l’inaccessibilité des lieux d’aisance (portes trop étroites pour
laisser passer un fauteuil roulant…), à une mauvaise répartition des
apports hydriques dans la journée, etc. Pour ces personnes, il suffit
souvent de prévoir de petits ajustements pratiques (comme placer à
portée de main un bassin, réaménager la prise des boissons…) pour que
cette incontinence, qui n’en est pas vraiment une, soit résolue.
3 Qui souffre d’incontinence ?
En 2006, la France comptait plus de 4 300 000 personnes souffrant d’incontinence, soit 7% de sa population totale. On pense souvent que l’incontinence est un trouble du 3ème voire du 4ème âge, or les 3/4 des personnes atteintes ont moins de 65 ans.
La proportion entre les deux sexes est de 2 femmes incontinentes pour 1 homme.
Selon la Haute Autorité de Santé, l'incontinence urinaire est un
problème de santé publique en raison de sa fréquence et de son coût.
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